Blocage collectif des phases de la vie; l'enfance

imagesAu lieu de primates, nous nous comportons comme si nous étions des insectes sociaux (fourmis ou abeilles), comme les adultes-travailleuses qui dès qu’elles ont des enfants, les mettent dans les écoles maternelles pour que des adultes accompagnateurs, qui n’ont pas de lien familial avec les enfants les façonnent tous de la même façon.

Je devais protéger mon bébé de toutes mes forces et je déléguait cela à des tiers. Lorsque je l’a mettais à la garderie, tout semblait normal, après tout presque tout le monde mettait ses enfants à la garderie. Tous les matins ses cris et pleurs me déchiraient, je me demandais ce que je faisais à mon enfant. J’étais jeune et je ne savais pas encore qu’il était possible de garder ma fille avec moi. Tout au long de sa scolarité elle a souffert quasi tous les matins, cela se manifestait par des pleurs et des maux de ventre.  Devenue ado, les conflits s’enchaînaient. Je la retrouvait souvent au lit le matin à l’heure où elle devait être à ses cours. Je ne me sens pas absolument coupable de cette souffrance qui lui a été infligée puisque je ne savais pas.

Quand mon premier garçon est née j’ai voulu le garder auprès de moi tant qu’il était petit et vers ses 6 mois je l’ai donné à garder à ses grands-parents paternels et je suis allée me perdre dans un nouveau job qui me prenait beaucoup de temps et d’investissement. Et la machine étant en place, je l’ai à lâge de 4 ans mis à la maternelle. C’est en le voyant revenir à la maison vidé de toute énergie positive, angoissé et très distant que l’alarme s’est fait entendre. On a donc décidé de le garder avec moi et entre temps son petit frère était déjà né. J’ai réalisé à quel point c’était étrange la façon dont on nous retiraient nos enfants de notre vie quotidienne. Quel que soit le lieu public où l’on se rendait en semaine, on ne rencontrait pas d’enfants. J’ai essayé de trouver d’autres enfants pour jouer avec les miens et n’en ai pas trouvé, en plus d’être considérée avec surprise par la plupart des gens quand ils me voient dans la rue, dans les heures où ils sont supposés être à l’école, les gens ont un immense besoin de me demander où est leur école, comme si le fait qu’ils soient avec leur mère était la chose la plus étrange au monde et non l’inverse. Nous avons deux mondes, celui des adultes et celui des enfants, ils se croisent dans la soirée et tôt le matin avant chaque déplacement de votre vie . Que se passe-t-il? Pourquoi rendons-nous ces deux mondes si distincts? Pourquoi ne peuvent-ils pas coexister? Nous faisons avec les enfants ce que nous faisons avec nos anciens, nous les éloignons de notre société, ils sont nichés dans des institutions.

Maintenant nous assumons avec plaisir leur éducation. Nous n’aurons pas à pointer l’école ou l’enseignant, nous serons responsables de l’éducation de nos enfants. Si tout se passe comme prévu nos enfants passent leur enfance dans la famille, avec moi, avec leur père et les grands-parents et maintenant avec les amis, car le nombre de parents qui sont venus à choisir cette voie d’éducation ne cesse d’ augmenter.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestmail

Comments 3

  1. Très beau texte, plein de justesse.
    Avant même de faire mon premier enfant, je m’étais fait cette remarque sur l’absence des enfants dans la vie quotidienne de la plupart des adultes (je travaillais dans une tour de bureau et la petite fille d’une de mes amies courant dans le couloir m’avait ouvert les yeux : c’était tellement incongru que j’ai compris que ce n’était pas normal).

  2. Tu es l’une des personnes rencontrées (dans le champ des associations) qui ont choisi d’auto-scolariser leurs enfants, je connais ainsi Nathalie, puis Yannick très récemment. Je suis à chaque fois émue mais aussi touchée par la cohérence de la réflexion, et aussi que ces familles donnent un sens à leur vie dans tous les sens (le tofu fait maison de Nathalie, ses choix alimentaires, professionnels … la maison auto-construite de Yannick …) Nos enfants ont plus de 30 ans, nous leur avons fait grande grande place à leur personnalité, magnifique, fragile, sensible et pleine de merveilles, mais ils n’auraient pas 30 ans ce jour mais 7, mais 10 par exemple, on partirait nous aussi à vos côtés vers l’école sans institution car des dommages, il y en a eu. Bravo à vous tous

  3. J’ai beau avoir eu une super nounou, la seule chose que je savais c’est qu’il m’était inconcevable de donner la responsabilité de mon nourrisson à quelqu’un d’autre. La 1ère année de maternelle s’étant déroulée à merveille, j’allais reprendre le « droit chemin » et puis la vie m’a rappelée à l’ordre et aujourd’hui, comme toi, je m’étonne de la façon dont on sépare toutes les classes d’âge. La mixité sociale ne devrait-elle pas commencer par mêler enfants, adultes et seniors ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *