La mort de l'amour de l'apprentissage

« Si je n’étais pas ici pour vous faire travailler, vous ne feriez rien. »

vintage_schoolLes enfants, très jeunes trouvent en eux-mêmes la motivation pour apprendre. Alors que nous ne leur demandons rien, ils désirent ardemment apprendre à marcher, parler, courir, grimper, sauter, danser… Ils n’ont besoin de personne qui leur demande de faire telle ou telle chose, parce qu’ils sont curieux et veulent vraiment en savoir plus sur les choses de ce monde si intéressant dans lequel les adultes font beaucoup de choses étranges. Ils veulent donner un sens à chaque geste, chaque objet, chaque rapport, chaque être vivant, et ils savent apprendre des choses très complexes à une vitesse qui nous étonne.

Alors, pourquoi un enseignant dira une telle phrase à un groupe d’étudiants? Qu’est-ce qui s’est passé avec ces enfant curieux au cours de leur route qui les aurait désintéressés de cette passion innée d’apprendre si ce n’est sous la contrainte?

Ce qui s’est passé c’est que, dès le moment où ils sont allés à l’école, ils ont perdu peu à peu la motivation qu’ils avaient en eux-mêmes. En étant soumis à des programmes et des examens, l’enfant est en train de changer l’orientation de l’apprentissage: d’abord, il faut apprendre à faire des choses ludiques et sympas, pour répondre à un besoin ou à un désir du moment; Ensuite, ils doivent apprendre à cumuler des bonnes notes pour passer l’année, pour plaire à l’enseignant et aux parents. Ils se retrouvent à apprendre des choses qui ne les passionnent pas au moment où l’on leur enseigne, qui sont partiellement ou complètement déconnectés de leur réalité, qui ne sont pas dans l’ordre de leur curiosité..

Il y a d’autres conséquences à la pratique de mise à  mort de cette étincelle de joie et d’amour de l’apprentissage. Il se peut que ces enfants à l’âge adulte soient capables de se libérer de l’institutionnalisation de l’enseignement et de retrouver l’amour de la compréhension du monde. Mais certainement pas dans son intégralité.

 

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Comments 2

  1. Tout à fait et c’est bien triste ! Au point que les adultes ont un mal fou à croire qu’un enfant va faire autre chose que paresser toute la journée si on ne le force pas à apprendre et que apprentissage et contrainte ne peuvent qu’aller de pair… Combien d’adultes aujourd’hui ne fréquentent pas les musées ou ne lisent quasiment rien parce qu’ils ont gardé la notion que la culture, c’est pénible ? J’ai longtemps cru que je n’aimais ni les maths, ni les sciences, ni l’histoire-géo, parce que tout cela était lié dans ma tête à l’évaluation, le jugement et le bourrage de crâne. J’ai redécouvert ces domaines en liberté avec mes enfants et j’ai réalisé que c’était passionnant !

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