Le jeune enfant et les dangers de la scolarisation précoce

Ce billet ne se veut aucunement un jugement envers les parents qui scolarisent leurs tout jeunes enfants, il se veut informatif, tout simplement, et n’engage que moi.

La fabrique des surdoués

Titrait La Presse en septembre 2008

« Et si les difficultés de l’apprentissage était le fait de scolariser l’enfant trop tôt? Cours de pré-lecture, pré-écriture dès l’âge de deux ans.. Une étude a démontré que les enfants que 75% des enfants qui échouent une année scolaire sont les plus jeunes et qu’ils sont deux fois plus référés pour trouble d’apprentissage. De plus, en France, où les enfants débutent l’école très tôt, on constate que à l’âge de 5 ans ils ont acquis un large vocabulaire mais malgré les apprentissages précoces seulement 10% d’entre eux sont aptes à acquérir les bases de l’apprentissage de la lecture.

surdouéAvec un budget annuel de 63,4 milliards d’euros l’EN n’arrive toujours pas à améliorer ses méthodes d’apprentissages. Avec la méthode mixte, l’enfant joue à la devinette, il lit le mot sans le comprendre. C’est un non-sens. Il a fallut plusieurs siècles pour voir apparaître l’alphabet, il faut en enseigner explicitement tous les détails : la correspondance de chaque son du langage avec une lettre ou un groupe de lettres ; et la relation entre la position de chaque lettre dans le mot écrit et l’ordre de chacun des phonèmes dans le mot parlé. Comment peut-on attendre qu’un enfant le comprenne tout seul? Le décodage graphème-phonème amène à la compréhension du mot et s’avère donc être la manière la plus rapide de développer la lecture. »

Le petit enfant passe son année scolaire à être gavé de pseudos apprentissages qu’il ne peut pas comprendre et encore moins assimiler..

Les besoins fondamentaux du jeune enfant

Si on observe un enfant de 18 mois évoluer dans un espace ouvert, on remarque que même s’il ose s’éloigner de ses parents, il se retourne fréquemment pour s’assurer que son espace sécuritaire (ses parents) est toujours là. Le tout jeune âge est l’âge des découvertes et des expérimentations axées sur le sensoriel. Le très jeune enfant est un épicurien; il vit le « ici et maintenant », son intelligence repose sur la perception et la sensation immédiate, il a besoin d’action et ne s’attarde pas à penser. Il est encore incapable de se faire une représentation mentale des événements. L’enfant se trouve encore dans l’âge de la période sensorimotrice.

Ses besoins de réconfort et d’attention sont énormes et importants pour se construire. D’après les pro scolarisation précoce; l‘organisation de la classe (multi-âge) doit permettre du « tutorat » entre les plus grands et les plus petits, ce qui facilite grandement pour ces derniers le « devenir élève », dans des temps de coopération et d’autres spécifiques aux apprentissages liés au grandir. Or, nous savons qu’un enfant de 3 ans n’est pas tout à fait différent d’un enfant de 2 ans lorsqu’il s’agit des besoins d’ordre affectif. En gros; les enfants de 3 ans devraient être les tuteurs des 2 ans. C’est juste énorme.. Cela est par contre une très bonne chose dans les classes « multi-âge » des primaires.

Les besoins physiologiques du petit enfant

Les enfants de deux ans ont des besoins spécifiques. Ils ont besoin de sécurité, d’amour et de rythmes doux, respectueux de leur sommeil et de leur fatigue. Matériellement, ils sont plus dépendants, physiquement, ils sont moins à l’aise et psychologiquement, plus fragiles.douceur

Guy Vermeil, pédiatre spécialiste des rythmes de l’enfant, pense que; les écoles maternelles actuelles ne sont pas en état de recevoir des enfants de moins de trois ans. Il est en effet malheureux de constater que « rares sont les écoles qui ont véritablement réfléchi sur l’accueil des tout-petits. […] Les locaux, les effectifs, la formation des institutrices, l’organisation du temps et de l’espace, la pédagogie… rien de tout cela n’est a priori vraiment adapté aux très jeunes enfants. Guy Vermeil pense également qu’ il est souhaitable que les enfants de deux ans puissent être accueillis au moins une partie de la journée, dans des collectivités conçues pour eux.

Effectivement, lorsque l’on sait qu’une classe a en moyenne 25 à 30 petits élèves, on s’imagine bien qu’il soit difficile de respecter leurs besoins.

Sciences cognitives et enseignants

Un enfant qui apprend ses leçons passivement n’apprend pas. L’enfant a besoin pour comprendre de toucher, de se tromper et de s’auto-évaluer, ce qui a été très bien mis en évidence par Maria Montessori et sa pédagogie. L’enfant a également besoin d’être animé par la curiosité pour apprendre, celle-ci lui étant étouffée par le manque de temps disponible de l’enseignant. Quelques enseignants tentent tant bien que mal de pallier à cette pédagogie archaïque de l’Education Nationale. Il est urgent que les enseignants soient formés aux apprentissages alternatifs et aux sciences cognitives.

Ni sanction, ni punition

L’on sait aujourd’hui l’importance dévastatrice que peut avoir la punition et les mauvaises notes. Noter un enfant de 3-4 ans sur un coloriage (heureusement ce n’est pas partout le cas) est purement de la folie. L’enfant va évoluer dans un cadre qu’il ressent comme une jungle où il va devoir survivre. Il va mettre en place tout un tas de stratagèmes comme la tricherie, la compétition et le mensonge tout au long de sa scolarité.

Permettre aux enfants dès leur jeune âge d’avoir le droit à l’erreur et le droit de réparer celle-ci et à mon sens un gage d’une belle réussite personnelle et scolaire. Les enfants ont besoin de sentir que les adultes croient en eux et en leurs capacités à s’améliorer. En sanctionnant un élève sans lui permettre de réparer son erreur, l’enseignant va non seulement lui donner une image de « bon à rien », mais va également, sans le savoir, mettre l’enfant dans la case « cancre de la classe », surtout si l’élève est souvent puni. Ce qui en résultera les moqueries de ses camarades et bien-entendu, peu à peu la destruction de son auto-estime. L’enfant peut très vite tomber dans un stress permanent.

à suivre..

 

 

 

 

 

 

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *