Les écoles anarchistes et expérimentales des années 70'

A ce jour les écoles alternatives n’ont plus aucun mal à fleurir un peu partout en Angleterre.. Mais elles ne sont pas les premières écoles libres en Grande-Bretagne.

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Summerhill school, fondée en 1921 par A.S. Neill

Beaucoup de gens pensaient qu’après la mort de A.S. Neill en 1973, Summerhill disparaîtrait avec lui. Ce ne fut pas le cas. Summerhill existe toujours aujourd’hui (j’espère visiter cet endroit un jour), organisme social autogéré, indépendamment de l’homme dont la personnalité fut si intimement liée à sa conception.

On me demande souvent si Summerhill n’est pas le fait d’un seul homme, et si cela me survivra. Summerhill n’est pas du tout cela. Ce qui a fait de l’école ce qu’elle est, c’est la notion de non-interférence avec le développement de l’enfant, et d’absence de pression sur lui.Neill
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L’école libre de Scotland Road school

Dans les années 70′, de jeunes militants idéalistes ont créé une vague d’écoles expérimentales – pas de cours obligatoires, pas d’horaires, pas de règles. Une de ces écoles libres est celle de Liverpool.

En 1971 suite à une dépression économique dans la banlieue de Liverpool, deux professeurs locaux John Ord et Bill Murphy tentent de lancer une nouvelle expérience;

Leur nouvelle école n’aurait « pas de directeur, ni hiérarchie et ne reconnaîtrait aucune autorité centrale, mais serait contrôlée par les parents, les enfants et les enseignants », a signalé le Times Educational Supplement en Décembre 1970.

Elle serait enregistrée au ministère de l’Éducation dans la même case que l’enseignement à domicile; « éducation alternative » et serait soumise à des inspections régulières.
Un bâtiment a été trouvé et un bureau mis en place au-dessus d’une boutique. L’école a grandi rapidement de 20, puis 30 enfants. Les enseignants, toujours reconnus comme des «aides», ont travaillé sans être rémunérés.
Il y avait des syndicalistes, des parents et des activistes communautaires. Elle était devenue une destination pour les étudiants universitaires idéalistes. L’école a dû déménager souvent afin de trouver des espaces abordables et assez grands pour le nombre toujours croissant d’enfants.

Un film de la BBC à partir de ces premiers jours montre Ord qui en parle avec enthousiasme;

Cette école est essentiellement de la classe ouvrière. ..Ce n’est pas une école de la classe moyenne et elle ne cherche pas à faire inculquer les valeurs de la classe moyenne aux enfants.dit-il dans le film.

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Scotland Road, Liverpool au début des années 70′

Murphy, profondément révolté, épouse un courant hippie. 

Les enfants ont été dépossédés du droit de construire, de creuser, d’expérimenter et de voir. L’école libre va les remettre en contact avec la nature.Bill Murphy
Nous avions l’habitude d’entrer à l’école et qu’ils nous disent: «Qu’est-ce que vous voulez faire aujourd’hui? » Nous n’avions jamais de leçon programmée à l’avance.
Maria Catterall, ancien élève de Scotland Road 
L’École de Londres gratuite à Notting Hill a ouvert en 1966 et bientôt, elles surgirent de partout dans le pays – Bristol, Birmingham, Glasgow, Manchester, Leeds, Nottingham, et Brighton ont tous eu une école libre. Liverpool en avait deux et Londres au moins quatre.

Pour les oreilles modernes elles sonnent comme rien de moins que de l’anarchie.

Il n’y aurait pas de calendrier, pas de cours obligatoires, pas d’uniforme, pas de hiérarchie. Les enseignants seront appelés par leur prénom. Les enfants devaient constituer les règles et  décider de ce qu’ils voulaient apprendre.

Il n’y aurait pas de frais, d’ heures fixes et ni de jours fériés. Elles devaient être les « écoles sans murs » – et ouvrir à chaque fois que la communauté le voulait.

Beaucoup d’entre elles ont rapidement plié – à cause de certaines communautés non réceptives à l’idée de l’anarchie de l’éducation. Mais quelques-unes s’enracinèrent solidement.

Les cerveaux derrière l’école libre – Ord et Murphy avaient enseigné dans le secondaire catholique. Mais ils avaient tourné le dos à l’apprentissage par cœur et aux châtiments corporels de nombreuses écoles classiques de l’époque. Dans ces écoles libres, les enseignants étaient appelés « travailleurs » et les élèves étaient désignés comme « enfants ». Certains enfants voulaient apprendre. D’autres  passaient des heures à sauter sur de vieux matelas, à fumer ou simplement à errer dans le bâtiment.

Les enfants que l’ont dit « cancres » se voyaient porter des responsabilités telles que la responsabilité des clefs du coffre et les clefs des classes. les enfants étaient tirés vers les haut. Ils avaient la possibilité d’apprendre.. ou pas. Les enfants apprenaient également sur le tas, par exemple; à conduire (même si cela était illégal), à changer une batterie de voiture, traire les vaches, construire des cabanes dans les arbres ou cuire un gâteau..Maureen Breen (enfant de l'école libre)

Aujourd’hui Maureen travaille comme secrétaire, a une belle maison et ses fils ont un très bon job.  Personne ne devinerait qu’elle faisait partie de l’une des expériences pédagogiques les plus radicales de la Grande-Bretagne moderne.

Le manque de leçons a été attaqué par les critiques, mais Ord leur a dit fièrement qu’ils avaient réussi à amener les enfants à se présenter chaque matin.

Il n’y avait pas de financement formel et ils ne faisaient payer aucun frais. Ils comptaient sur les dons et les cadeaux. Un jour Paul McCartney a téléphoné à Ord pour lui demander d’amener quelques enfants à son concert à Liverpool pour une collecte de fonds.

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Summerhill mise sur les valeurs du jeu

 

Aujourd’hui en Angleterre ils associent les écoles libres avec l’ancien ministre de l’Education, Michael Gove. Les parents peuvent mettre en place de nouvelles écoles si elles sont en mesure de démontrer que l’Etat ne fournit pas de bon choix dans leur région.

Cela a  fait l’objet de nombreux débats – une habilitation ou d’innovation destructrice, selon votre point de vue. Les écoles sont libres de tout contrôle du conseil, financées directement par Whitehall et sont en dehors du programme national.

Ajout du 09.11.14

Documentaire – Les enfants de Summerhill: 

Parties: 1 2 3

Quelques images – Liverpool Free School 1971:

Galerie

 

 

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Comments 3

  1. Bonjour et merci pour cet article !
    Vous évoquez rapidement le témoignage de Maureen dont « les fils ont de bons jobs ». Quel type de scolarité ont ils suivi ? Maureen les a-t-elle mis à Summerhill ou dans une école dite alternative?
    Pardon, mais je trouve toujours ce type de billet un peu court, on reste un peu sur notre fin quant à la pertinence des portraits ou témoignages…Par exemple : Maureen est elle secrétaire par choix ? S’agissait il du premier job qu’elle a exercé à sa sortie de Summerhill? Aurait elle pu « faire mieux », avait elle d’autres ambitions ? si oui, lesquelles et pour quelles raisons n’a-t-elle pas pu les satisfaire ? A-t-on d’autres témoignages et statistiques sur ce que sont devenus tous ces enfants?

    1. Post
      Author

      Bonjour, oui c’est vrai que l’on reste sur sa faim! Il existe des témoignages des enfants de Summerhill. Je mettrais les liens de ce que j’ai pour que vous puissiez les consulter.

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