Les haïkus

Une nouveauté chez les zouaves; les haïkus!

Qu’est ce qu’un haïku ?

  1. Le haïku s’écrit en 3 lignes : court – long – court (classiquement 5-7-5 syllabes).
  2. Il comporte un mot qui le relie à la réalité et, en général, à la nature : le « mot de saison ». Dans les haïkus « libres », cette référence peut-être absente.
  3. Il comporte une césure (voir exemple au point 5), qui fait basculer le texte d’une image dans une autre.
  4. Etant très bref, le haïku permet de saisir des choses très petites, des moments presque invisibles.
  5. Le plus célèbre haïku est un poème de Bashô, le poète japonais (1644-1694) qui a fixé le genre :

    Vieille mare (mot de saison)

    une grenouille saute (césure)

    le bruit de l’eau (3 lignes, court long court)

  1. Le haïku demande attention, simplicité, fulgurance, humour et modestie.
  2. Quelques haïkus traduits du japonais (Maurice Coyaud) :

J’ai acheté des oignons

par le bosquet dénudé

je rentre à la maison

Buson (1715-1783)

zen

Temple de montagne

Midi, on ronfle

Coucou fait le coucou

Shiki (1866-1902)

Mode d’emploi
  • Le haïku se publie, il n’est pas une poésie secrète.
  • Il ne faut pas craindre la critique positive, un haiku peut toujours être reconstruit sur la même image.
  • Il s’écrit généralement en un instant, la spontanéité est importante. Sans travail de construction conscient et laborieux pour sa première écriture.
  • C’est toujours un moment d’étonnement, une situation que l’on note.
  • Le haïku doit être ancré dans le « Cosmos ». C’est à dire le monde physique, les saisons, l’environnement, les traditions, notre imaginaire.
  • La démarche « haiku » est surtout basée sur l’attitude du bouddhiste, observer les choses bien avant de les critiquer …
Classement

Le haïku classique est classé en quatre catégories liées à la saison :

Printemps, été, automne, hiver.

Le nouvel-an était compris dans le printemps. Mais quand le Japon moderne est passé du calendrier lunaire au calendrier solaire, on n’a pu décider si le nouvel-an devait être compris dans l’hiver ou dans le printemps. C’est pourquoi il est devenu indépendant. Il y a donc des haïku du nouvel-an.

Variétés

En dehors du haïku classique, on distingue avec la même forme mais des sujets différents.

– le senryu : sentiment personnel, parfois moqueur, notant une situation de la vie courante

– le haibun : une prose où le haïku est inséré en illustration. C’est généralement une description de voyage ou un journal. Plusieurs haibuns de Bashô traitent de la vie quotidienne.Ce genre a à peu près disparu au Japon.

– le scifu : domaine de la science-fiction, genre très particulier. La plupart des haïkistes japonais ne connaissent même pas son existence.

– toute une série de sujets spécialisés ayant comme nom générique le ku.

Le haïku contemporain

Le haïku moderne respecte moins les règles (en fond et forme) que le haïku classique.

Il est souvent :

– Moins impersonnel.
– Avec un comptage plus libre des syllabes, on se contente d’une alternance court, long, court.
– Sujet plus commun.
– Absence de référence saisonnière.

Il ne faut cependant pas en faire un poème minimaliste.

C’est une approche « zen », le « ahhh » du moment présent, le « ici et maintenant ».

« En matière de haïkai, il est des choses qui ne se peuvent enseigner.
Il faut les pénétrer par soi-même. »
Bashô

En savoir plus Dominique Chipot

 

 

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