Maria et les sangsues à poils longs et dents aiguisées

Un petit cours d’histoire pour nous rafraîchir la mémoire…

Contre vents et marées, Maria Montessori s’engage dans des études de médecine et est diplômée en 1896. Elle est la première femme italienne médecin ! Peut-être faut-il déjà voir là une première étape, un socle pour sa future vision pédagogique : l’enfant doit pouvoir être amené à développer un projet qui corresponde à ses envies et aptitudes propres, un projet qui serait le sien et non celui qu’on formerait pour lui.

maria m« Une éducation à la paix est-elle possible ? » Cette question n’a pas été posée par Maria Montessori, mais par Jean Piaget, en 1934. Cette question a rapidement été au centre de sa réflexion, et bien sûr dès avant 1934. Tout comme elle a marqué la démarche de Célestin Freinet. La question est de savoir s’il est possible de promouvoir une éducation qui enraye la spirale agressive et guerrière que l’éducation traditionnelle, nationaliste, semble impliquer. Cette question est capitale pour la génération de Maria Montessori qui a vécu les deux guerres mondiales. Elle avait 44 ans lorsque le monde a sombré dans le premier conflit mondial, qui a généré un traumatisme d’une ampleur jamais égalée. Seulement une vingtaine d’années de paix, puis de nouveau la guerre et sa folie meurtrière. Un profond désir de paix a rapidement animé Maria Montessori, un désir de paix, qui était une caractéristique de l’éducation nouvelle dès ses débuts.

Elle commence alors à nourrir le projet de convaincre les hommes du droit inaliénable de tout être humain à être reconnu et respecté, sans distinction de statut social ou de caractéristiques physiques ou cognitives.

Si je devais résumer la pédagogie Montessori, je dirais que c’est une pédagogie où les notions d’apprendre et de vivre au quotidien dans un esprit de collaboration avec ses pairs et non de compétition, en sont les piliers fondamentaux.

I have a dream…

Que celles et ceux qui marchent dans le sillage de l’esprit de Maria Montessori dans le but de mettre à disposition du plus grand nombre des documents Montessori à titre gratuit ou à prix riquiqui, soient respectéEs et que leur travail soit jugé à sa juste valeur. Que ceux/elles qui veulent et/ou appliquent cette pédagogie, respectent les piliers fondamentaux de M.M.

Il y a aujourd’hui beaucoup de Maria qui sillonnent le net à l’affût de l’idée innovante qu’elles pourraient, telles des sangsues, pomper et se l’approprier pour leur profit. Il est triste pour les vraies Maria, d’assister impuissantes à ce pillage de leur travail. Triste parce-que Maria a un rêve, comme nous tous. Le rêve de Maria est d’économiser pour ouvrir une école Montessori là où elle n’existe pas et où les enfants défavorisés en auraient bien besoin. C’est un grand rêve, c’est un beau rêve.

Alors Maria se met à créer des documents de qualité/prix défiant toute concurrence dans le but de les rendre accessible à tout le monde, elle se met à bosser 10, 11 ou 16 heures par jour pour se rendre compte qu’au bout de tant d’efforts son travail est plagié. Maria a envie d’abandonner son rêve.

Je connais une vraie Maria dans le petit monde de Facebook. J’ai mon cœur serré lorsque je vois son travail et que j’assiste au pompage de tous ses efforts, sous prétexte, souvent, que son travail ce n’est pas elle qui l’a inventé. Oui, souvent ce n’est pas elle qui l’a inventé, mais c’est toujours elle qui l’a créé et mis en place.

J’espère que la vraie Maria que je connais tiendra son rêve fort entre ses mains et qu’elle le mènera jusqu’au bout. Elle le mérite ; c’est une vrai Maria.

Le travail des vraies Maria se doit d’être reconnu et respecté. C’est l’essence même du vivre ensemble.

 

 

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