Instruction et liberté

Comme l’étymologie l’indique assez bien, instruire c’est outiller, équiper, munir ou encore armer. Nous sommes les accompagnateurs de nos enfants. Nous mettons des outils à leur disposition, ils s’en servent ou pas. Mais ils sont là. Nous tentons, et je pense que, jusqu’ici nous nous en sortons bien, de les équiper au mieux pour qu’ils grandissent en douceur; la patience, l’écoute, le pardon, l’empathie.. Ce sont des outils que nous mêmes avons encore quelque peu du mal à les apprivoiser.. Mais nous apprenons avec eux. C’est cela qui est formidable!

Si donc s’instruire consiste bien à acquérir des connaissances, on ne peut acquérir des connaissances qu’à la condition de les construire et c’est pourquoi instruire quelqu’un, c’est-à-dire travailler à ce qu’il acquière des connaissances, ne peut jamais consister à lui transmettre celles-ci : tout simplement parce qu’on ne peut transmettre une activité de construction. On peut seulement fournir certains des outils qui permettent de l’exercer et peut-être, mais c’est une autre histoire, éveiller en l’autre le désir de l’entreprendre. Mais si nous nous engageons à préserver leur curiosité, précieux cadeau de naissance commun à tous les enfants, il n’y aurait plus aucun frein à ce qu’ils gardent ce désir d’entreprendre intact.

Nous avons choisi l’IEF pour des tas de raisons. Celle qui me vient à l’esprit en premier c’est mon refus total de laisser un Etat décider de la vie que mes enfants devraient mener. Il est hors de question qu’il leur remplisse la tête et leur vide l’esprit. J’avoue, mon amour pour l’Anarchie a joué un rôle majeure dans ma décision, mais je suis assez lucide pour ne pas nous engager dans cette voie là; le monde est loin d’être prêt. Les individus ne sont pas encore aptes à s’assumer tous seuls, sans tuteurs qui leur dictent ce qu’ils ont le droit de faire ou de ne pas faire, alors que seule la raison serait suffisante pour leur enseigner ce qui est bon ou mauvais pour eux. Nous n’élevons pas nos enfants pour un monde Anarchiste. Nous les guidons vers un monde inconnu. Nous les consultons lorsqu’il s’agit de prendre des décisions les concernant. Nous tenons à ce qu’ils sentent qu’ils occupent une place égale à la notre. Bien entendu, il ne s’agit pas de laisser nos zouaves nous imposer des pâtes à tous les menus des jours de la semaine Grimace  Je parle ici du respect que nous nous donnons. L’instruction en famille ce sont des petits bonheurs au quotidien. Les voir jouer, rire, pleurer, poser des questions et encore des questions.. et cela 24/24 est un stress d’une positivité absolue! Ils sont nos moteurs et nous sommes leurs essence.

Le système scolaire lui, ne peut pas élever nos enfants. Je parle de cette élévation de l’esprit, ce respect de l’être humain tel qu’il l’est vraiment; humaniste. Le système en fait ce dont ils ont besoin; Pas assez de docteurs? Faisons des docteurs! Pas assez de policiers? Faisons des policiers!.. les autres sont laissés de côté. L’éducation nationale est très loin de l’instruction. Machine à broyer les esprits pour en faire de bons petits soldats entrant bien dans le moule d’une société délabrée, vide d’empathie, vide d’humanité, remplie d’austérité et d’égoïsme.. société matérialiste.

Dans un monde qui va de plus en plus vite.. nos enfants se doivent d’être préparés psychologiquement à se remettre en question, à développer un sens critique aigu, à pouvoir prendre les chemins de traversse s’il le faut sans s’y perdre. Des hommes intègres et aimants, d’eux-mêmes et des autres. Des hommes qui se respectent et respectent la vie qui les entourent. Nos zouaves seront de ses hommes là.

N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands. Et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur : alors, apprenons-leur à s’adapter. – Maria Montessori

 

Lillia